Comme je me suis fait interpeller fortement (enfin, insulter à ce stade…) par Caroline Fourest sur Le Huffington Post, j’ai un peu regardé ses derniers billets, et je suis tombé sur celui-ci :

 

 

 

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Halte à la propagandeLES FEMEN sont très clairement anti-Svoboda et anti-Secteur droit, qu’elles ont décrit comme “leur ennemis” dans un tweet. Il faut être particulièrement pro-Poutine pour ne pas l’entendre…Vieille propagande soviétique. Les partisans de la Révolution Orange étaient déjà qualifiés de nazis, puis les FEMEN, puis Euro-Maïdan dans son ensemble… Grossier

Donc un visiteur (que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam) demande des explications (pour de bonnes ou de mauvaises raisons) sur la vision des FEMEN sur l’extrême-droite ukrainienne – et il finit par se faire traiter de “Pro-Poutine”, de “Propagandiste soviétique” et de “Grossier”. (Je fais d’ailleurs ici le pari que, dans quelques semaines, la propagande essaiera de dénoncer les gens qui dénoncent des néonazis dans un gouvernement en Europe comme étant ”évidemment” d’extrême-droite…)

Chacun appréciera d’ailleurs dans cette dialectique qui use de méthodes soviétiques ou d’extrême-droite – méthodes déjà utilisées à mon égard en tant que criminel de lèse-”journaliste”… Bref, en l’espèce, selon Mme Fourest, aucune raison d’enquêter, elles ont déjà donné leur vision… dans un tweet ! Du lourd, quoi…

Donc reprise du billet originel et “fact checking” (vérification par les faits).

Les FEMEN sont-elles nazies ? (par Caroline Fourest)

Source : Huffington Post

Un tissu d’amalgames mêlant sources russes et propagande d’extrême droite, diffusé par les amis de Dieudonné comme Jo le corbeau, tente de dépeindre les FEMEN comme un mouvement “ROUGE-BRUN”. Mise au point.

VRAI

  • Les premières militantes de FEMEN comme Anna Hutsol (ainsi que son camarade Viktor et Oksana) viennent des cercles communistes ukrainiens mêlant nostalgie marxiste et fierté patriotique (l’Ukraine ayant été colonisée par les Russes). Elles ne l’ont jamais caché.
  • Les premières campagnes de FEMEN étaient contre l’afflux de touristes pour l’EURO 2012, dont beaucoup de touristes turcs harcelant des Ukrainiennes en pleine rue. Elles se sont senties traitées comme des prostituées, et cette révolte est au cœur de leurs premières campagnes.
  • Elles ont effectivement participé à une manifestation où il y avait des féministes, des démocrates mais aussi des militants nationalistes d’extrême droite (comme en ce moment place Maïdan), au nom de la liberté d’expression et de manifester, pour demander la libération des prisonniers politiques en Biélorussie.

FAUX

  • Les Femen ne sont ni racistes, ni d’extrême droite, mais féministes, antireligieuses et défendent le principe d’égalité au point d’avoir été passées à tabac et d’être régulièrement menacées de mort, en France comme en Ukraine, par les mouvements d’extrême droite, qui les accusent d’être à la solde d’Israël, des Etats-Unis ou du gouvernement… Alors qu’elles ne touchent aucun argent public, font tourner leur mouvement avec trois fois rien, et que Soros finance les mouvements islamistes comme le Collectif contre l’islamophobie !
  • Un militant dieudonnesque a même été jusqu’à détourner (via Photoshop) une image où elles lèvent le poing après avoir été agressées par CIVITAS. Leur slogans contre l’Eglise et contre l’homophobie ont été remplacés par des slogans d’extrême droite !
  • Les militants de Dieudonné demandent aussi qu’on interdise FEMEN parce qu’elles ont fait un salut nazi, dans une action très ancienne… Mais qui visait justement à dénoncer comme nazie l’industrie du sexe ! Elles sont arrivées devant des sex-shop allemands déguisées en nazis avec des godmichets pour assimiler l’industrie du sexe à une industrie de la mort. Ce n’est pas la plus pertinente de leurs comparaisons mais bien la preuve que Femen a des références antifascistes… Et non “rouge-bruns”, contrairement aux “rouge bruns” qui tentent de faire cet amalgame contre elles !

Je comprends que certaines de leurs actions puissent dérouter une fois sorties de leur contexte ukrainien. Je suis moi-même passée par toutes ces phases, de méfiance et d’incompréhension.Mon livre, INNA, raconte ces coulisses, comme il critique certains aspects plus réels de FEMEN.

Ce n’est pas une raison pour succomber aux fantasmes agités par leur ennemis, nombreux, particulièrement malhonnêtes, et pour le coup vraiment d’extrême droite.

Indice…

Cette attitude est donc un sérieux indice incitant à mener une petite enquête…

Ce billet a donc plusieurs buts :

  • montrer que les médias manquent de moyens (temps) et de volonté pour contrôler des faits importants mais déplaisants par rapport à l’orientation de la propagande dans le pays (ici, un fait qui a causé une grosse émotion dans l’Est de l’Ukraine et en Russie) ;
  • analyser une information de Caroline Fourest. Non que ça soit majeur, mais ça illustre bien les pratiques journalistiques actuelles – et j’ai trouvé le raccourci (que j’exagère à peine) “vous vous interrogez et craignez que les FEMEN soient d’extrême droite, attention, vous n’êtes pas loin d’utiliser des pratiques d’extrême droite” – on aura tout vu… ;
  • illustrer de nouveau que des choses vraiment pas nettes ont cours en Ukraine ;
  • alerter sur les dangers de l’affichage des informations personnelles dans les réseaux sociaux (si un citoyen lambda arrive à faire ça, imaginez ce dont est capable la NSA…).

Les photos

Une rapide recherche montre que Caroline Fourest fait allusion en particulier à ça - dont j’ai déjà parlé – :

“Certaines Femen ont eu des fréquentations – disons douteuses – dans les manifestations locales :

Le drapeau rouge est celui de l’UNA-UNSO, une organisation néo-nazie ukrainienne :

Et puis ça :

En bas de la pancarte : «Свобода» = SVOBODA et son logo !

Issue de l’intéressante enquête d’Olivier Pechter sur la face cachée des Femen

==> La réponse de Caroline Fourest est que “elles ont effectivement participé à une manifestation où il y avait des féministes, des démocrates mais aussi des militants nationalistes d’extrême droite (comme en ce moment place Maïdan), au nom de la liberté d’expression et de manifester

Ceci étant, il reste stupéfiant de ne voir aucun problème à manifester avec des néonazis revendiqués et de sembler ne pas se poser la moindre question sur la situation ni les éventuelles manipulations dont ces groupes sont coutumiers.

Si Madame Fourest voyait – disons -, un économiste de premier plan manifester juste à côté du FN pour demander la sortie de l’euro (qui n’est – sauf mauvaise foi sans limite – en rien une revendication d’extrême droite, ni d’extrême tout court), elle dirait donc : “Aucun souci, cet homme-là, – niant par ailleurs toute proximité idéologique avec le FN – utilise simplement sa liberté d’expression et de manifester, et je défends son droit en demandant que tout amalgame soit évité.”.

L’autre photo évoquée par elle est celle-ci :

À l’évidence, c’était le thème de la manifestation des FEMEN de caricaturer le symbole nazi, et il faut être de mauvaise foi pour retenir ceci contre elles. En tous cas sur l’aspect “nazi” (pour le fond et la forme, à chacun d’apprécier).

Pour ma part, pour la forme (et je ne parle même pas des godemichés…), j’avoue condamner ce genre de biais de communication, qui a surtout pour conséquence la banalisation du nazisme et du fascisme – et rend, comme on le voit, aveugle quand certains de ses représentants se retrouvent au gouvernement en Ukraine…

Bref, en tous cas, pour notre sujet, pour Caroline Fourest : Innocentes ! Fin du débat

Les doutes

J’ai pour ma part encore quelques doutes, que je vais exposer.

Mais je précise immédiatement : non je ne pense pas que “Les FEMEN sont nazies” (je le précise bien pour éviter toute Fourestitude prétendant que c’est ma vision, que je suis moi même nazi et soviétique et génocidaire cambodgien et tout et tout…) – le titre est grotesque, et est un stratagème classique manipulatoire (comme Schopenhauer l’a si bien recensé) visant à grossir le trait, pour évidemment le réfuter facilement, et ne pas traiter l’assertion initiale, possiblement juste.

En plus, il est bien évident que toutes les Femen ne sont pas des fanatiques de Svoboda et Secteur Droit – dont la tolérance envers les homosexuelles n’est pas le fort…

Maintenant la question “Certaines FEMEN ont-elles une forme de proximité avec des mouvements  néonazis, extrémistes ou ultranationalistes ?“, mérite à mon sens d’être posée. Surtout quand il s’agit de FEMEN de premier plan et systématiquement mises en avant. Cela mériterait une enquête approfondie – qu’il revient à des journalistes de mener, et pas à des blogueurs…

Je ne tire donc aucune conclusion définitive à ce stade, je mets quelques faits à votre connaissance et partage mes interrogations…

Inna Shevchenko

J’avoue ne pas  avoir lu le livre INNA – mais aussi, ce n’est pas le cœur de mes recherches, et ceci est a priori le dernier post du blog sur les Femen. Mais enfin, on me permettra d’avoir quelques interrogations sur ceci.

Je rappelle qu’Inna Shevchenko a obtenu l’asile en France le 9 avril 2013 alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête criminelle par la police de son pays après avoir tronçonné une croix catholique lors d’une manifestation pour protester contre la condamnation des Pussy Riot. Cette action a soulevé de très vives protestations en Ukraine, la croix en question ayant été érigée en souvenir des millions de victimes des persécutions soviétiques du NKVD… (sources : IzvestiaObozrevatel)

Qui a valu cette série de pubs Femen :

Ainsi que celle-ci – qui fleure bon les années 1930 :

Après, j’ai bien entendu le “oui elles sont antireligieuses”. Mais enfin, vous me permettrez de faire une “Fourestitude”, et  de dire que certains observateurs pourraient rapprocher un tel comportement de rejet de l’autre de celui des antisémites, anti-arabes et autres ”anti-autres”… “Pourquoi ne pas aussi bruler des églises, des synagogues et voir carrément des musulmans… ???” (Bien imité, non ?)

D’ailleurs, elles en appellent au meurtre du patriarche orthodoxe Kirill  dans leur Campagne KILL KIRILL (quelle finesse – et quelle belle pub pour le féminisme… Voir ici et  et ) :

Comme plusieurs siècles ont été nécessaires pour supprimer “l’Inquisition catholique”, il serait souhaitable que ne naissent pas des velléités de type ”Inquisition athée”…

Par ailleurs, le 14 juillet 2013, jour de la fête nationale en France, est dévoilé le timbre Marianne de la Jeunesse, dont Inna est une des sources d’inspiration selon un des auteurs. Elle réagit alors sur Twitter : « Désormais, tous les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre ».

Enfin, c’est super de dénoncer les “homophobes, extrémistesfascistes“.

Mais alors je comprends mal ce tweet diffusé le 9 juillet 2013 : « Qu’est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? Qu’est ce qui peut être plus laid que cette religion ? ». Elle a supprimé par la suite le tweet mais assure « l’assumer entièrement » (Source : L’Express).

J’ai donc du mal à accorder du coup le qualificatif “d’Humaniste” à cette personne… Ce qui ne veut pas évidemment pas dire que je lui dénie toute qualité - bien entendu…

Je considère cependant pour ma part qu’en ces temps de plus en plus troublés, il est important d’apaiser les tensions, de ne pas susciter la haine ou l’animosité entre les nations et les cultures, de respecter l’autre en son être et en ses convictions, bref, de tout faire pour que apaiser le corps social et assurer sa cohésion.

Poursuivons l’enquête avec une seconde FEMEN…

Incise

Lors de ma participation au désormais fameux débat dans l’excellent Arrêt sur Images (c’est à se demander si Daniel Scheidemann est le dernier journaliste de premier plan du pays à se poser des questions sur sa profession…)

Alors oui, certaines choses ne me font pas beaucoup rire – contrairement aux deux journalistes – qui, bien que j’aie passé l’information, l’ont mise sous le boisseau (façon, pfffff, le blogueur il a même pas sa carte de presse…) - j’imagine que cela n’intéresse pas le lecteur du Monde ou de Libé

Alors du coup, j’ai un peu enquêté…

Eugenia Krayzman

Eugenia Krayzman est une des activistes ukrainiennes de premier plan des FEMEN.

Eugenia Krayzman

Vous l’avez déjà vu dans certaines actions (ce blog ne recule devant aucun sacrifice pour rechercher la vérité…) :

En septembre 2013 à la Mostra de Venise (2e : Inna Shevchenko; 4e Eugenia Krayzman ; 5e Alexandra Shevchenko) (Source)

De gauche à droite : Eugenia Krayzman, Alexandra Shevchenko, Inna Shevchenko & Anna (Source)

Eugenia Krayzman (Source)

Bien.

Alors, il se trouve que les Ukrainiens utilisent le Facebook local, vk.com (comme nous l’avons vu hier avec Pravy Sektor) et donnent publiquement des informations intéressantes… (je passe sous silence les nombreuses choses hallucinantes qui y figurent – mais relèvent pour le coup entièrement de la vie privée).

Voici donc l’éloquente analyse de la page Vk d’Eugenia – qui a choisi le nom de page girl_femen :

Eugenia Evgenia Krayzman

5 500 amis, près de 500 followers

Eugenia habite Kiev :

Eugenia Evgenia Krayzman

Hasard incroyable, elle était justement à Odessa le 2 mai 2014 à midi :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et toujours en fin de journée, ce qui a valu ce post d’anthologie à 18h40 (169 Like):

Eugenia Evgenia Krayzman

Odessa en avant ! Ukraine en avant !!  – Nous sommes un pays uni !!!”

Prononcées devant un bâtiment où sont attaqués des personnes militant pour leurs droits linguistiques (50 ayant péri dans l’incendie), cela pourrait vraiment ressembler à de paroles d’extrême-droite…

Rappel des images pas trop vues dans nos médias (images dures à la fin) :

(N.B. des citoyens ont aussi porté secours, évidemment, mais tard, une fois que les néonazis ont reculé)

La photo de la tente brulant devant la Maison des Syndicats (pour ceux qui n’ont pas suivi et pour les journalistes de Libé, c’est ici) est là :

Eugenia Evgenia Krayzman

En effet, quelle joie d’aller mettre le feu au “Maïdan des anti-Kiev”…

Eugenia Evgenia Krayzman

Les réseaux FEMEN re-twittent avec plaisir ce grand moment à 20h34 – moment où l’ampleur du drame est apparue :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Bref, c’est de ça dont je parlais, et qui n’intéressait pas les journalistes (français – parce que les journalistes russophones…).

Bien. Poursuivons alors l’enquête “vkique”.

Que découvre-t-on dans les groupes dont elle est membre :

Eugenia Evgenia Krayzman

Pravy Sektor – Secteur Droit ! Tiens tiens – le même que nous avons analysé il y a quelques jours (ET QUE JE VOUS RECOMMANDE VIVEMENT), avec ses 430 000 followers et ces grands billets :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Bon, après rien de conclusif, on a encore le droit de lire des trucs sans y adhérer. Continuons.

Évidemment, Eugenia a été interpellée par des russophones suite à son post (originaux avec traductions) :

Eugenia Evgenia Krayzman

Bon, Boris Shevchenko (de la famille d’Inna et d’Alexandra ?) souhaiterait que les FEMEN en fassent plus.

D’autres trouvent (évidemment) que c’est déjà trop :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

“Et ce ne sont même pas des habitants d’Odessa, ni d’Ukraine!”

Hallucinant de bêtise crasse – tous les morts étaient bien d’Odessa (Sources : Unian.net,Podrobnosti.uaodessit.ua).

Suite :

Eugenia Evgenia Krayzman

Donc elle a vu que les types n’étaient pas Ukrainiens… Bien. Elle a vu d’autres choses aussi – comme on va le voir plus loin… (Elle a donc semble-t-il des problèmes aux yeux – j’espère simplement qu’elle n’en parlera pas à Caroline Fourest, afin d’éviter de nouvelles tensions infondées avec la Russie :) ).

Alors du coup, le ton monte :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et c’est là que ça devient TRÉS intéressant :

Je suis une Bandériste (Banderovka=partisane de Stepan Bandera) et une sextrémiste, il ne faut pas venir dans un pays qui n’est pas le vôtre, si vous voulez aller en Russie, dégagez – les frontières sont ouvertes !

Est-il bien nécessaire de rappeler à qui se rattachent en France ce genre de propos ? Caroline Fourest les accepterait-elle ?

Mais ce qu’il faut faire, c’est rappeler qui était le non-regrettable Stepan Bandera.

Stepan Bandera est « le saint homme » de l’ultra-nationalisme ukrainien – et ce n’est pas une exagération, cf cette affiche de Svoboda :

Eugenia Evgenia Krayzman

Tract de Svoboda : (Roman) Choukhevytch est un héros / (Stepan) Bandera est un saint

Les troupes Bandera de troupes rentrent avec les nazis en URSS en juin 1941. Par la suite, les nazis refusant l’indépendance de l’Ukraine (et arrêtent Bandera et l’emprisonnent durant la guerre, avant de libérer et qu’il s’allie de nouveaux face aux Soviétiques), elles se fondent d’une part dans la Division Waffen SS (division Galicie), dans la milice ukrainienne alliée des nazis et dans l’UPA, qui combat d’abord les nazis avant de s’allier avec eux à la fin de la guerre. L’UPA est responsable du massacre de près de 80 000 civils Polonais en Volhynie.

Son organisation politique, l’OUN, écrivit en 1941 : « Les Moscovites, les Polonais et les Juifs nous sont hostiles et doivent être exterminés dans cette lutte, en en particulier ceux qui résisteraient à notre régime. […] L’assimilation des Juifs n’est pas possible. » Le bras droit de Bandera, Yaroslav Stetsko, écrivit en 1941 : « Je soutiens donc la destruction des Juifs et la pertinence de l’apport des méthodes allemandes d’extermination des Juifs en Ukraine, plutôt que de tenter de les assimiler. » (Sources : Wikipedia et Wikipedia)

Une des organisations ayant fondé Secteur Droit se nommait le Trident de Stepan Bandera, et était dirigée par l’actuel leader de Secteur droit, Dmitro Iarosh.

Laissons la parole à des spécialistes :

Stepan Bandera a collaboré avec les nazis au début de la Seconde Guerre mondiale, et [ses] partisans étaient liés à des meurtres de milliers de Juifs et d’autres minorités“ [Centre Simon Wiesenthal, 28 janvier 2010]

Et donc, ce triste sire est le héros d’Evguenia… Alors “nazie”, non… – mais admiratrice des collaborateurs nazis ultranationalistes, plus probablement ?

Rappel :

Eugenia Evgenia Krayzman

“Coïncidence”, c’est aussi la vision de Secteur Droit, dites !

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Ils aiment bien aussi l’idéologue du parti de Bandera – un modèle quoi… :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Bien, on avance un peu.

Eugénie (dans de rares occasions) ”re-twitte” même Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Comme ses appels à la mobilisation :

Eugenia Evgenia Krayzman

Ou ses appels aux dons :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et ses nécrologies :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia a enfin de hautes idées sur ce qui s’est passé à Odessa - puisqu’elle a tout “vu par elle-même”. Elle publie donc ce scoop fantastique :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Et termine par des liens de sites complotistes – que même chez nous, on n’en n’a pas d’aussi délirants…

Donc, c’est un coup des Russes, qui sont venus à Odessa, ont manipulé les anti-Kiev et les pro-Kiev (et elle-même donc…) pour que les premiers se fassent gazer à l’intérieur, car Poutine, eh ben il a tout arrangé depuis 3 jours…

Donc, les types de Pravy Sektor, ils ont un peu tué 50 ukrainiens russophones d’Odessa, mais bon, c’est la faute de Poutine, hein. Sans doute comme le 11 septembre 2001 pour elle, j’imagine – vu sa profondeur d’analyse.

Alors reprenons la fameuse Chronique de Caroline Fourest :

“Les morts d’Odessa font partie d’un complot [...] – version pro-russe, paranoïaque, qu’on retrouve chez d’authentiques militants d’extrême-droite mais européens cette fois, et pro-russes”

A priori, il n’y a guère de raison que si une version complotiste par un pro-russe est d’extrême droite, une autre version complotiste par un pro-Kiev ne le serait pas…

Donc délire + négationisme + complotisme = FEMEN ? Ah bon…

En tous cas, Eugenia en discute bien avec ses amis, Ukrainiens typiques j’imagine… (il y a un GROS truc avec les armes là-bas…)

Eugenia Evgenia Krayzman

 

À ce stade, une fois les nouvelles connues, on aurait pu penser qu’elle ferait amende honorable – mais non, car cette Femen “ose tout” et “ne change jamais d’avis”. Donc le 4 mai à 16, elle passe le fameuse photo en photo de profil, pour que tout le monde l’observe  bien :

Eugenia Evgenia Krayzman

Alors du coup on ne va pas s’arrêter en si bon chemin…

Comme elle raconte sa vie en public (ah, narcissisme quand tu nous tiens…), on apprend qu’elle est en couple avec Sasha :

Eugenia Evgenia Krayzman

Qui est là :

Eugenia Evgenia Krayzman

Sasha partage l’intérêt de sa fiancée pour Pravy Sektor – Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et elle en partage en tous  cas certaines analyses…

Secteur Droit diffuse ceci sur son compte :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Sasha (bon, c’est moins détaillé…) diffuse ça :

Eugenia Evgenia Krayzman

N.B. : il ne faut pas trop s’étonner de ce genre de propos chez une lesbienne ukrainienne qui ne semble pas vomir Secteur Droit.

Dans le même registre, on en reparlera, les Galiciens banderistes se sont alliés avec les nazis en 1941, pour chasser les Soviétiques dans le but, pour eux, de créer un État ukrainien – il considéraient  les Russes comme des sous-hommes asiatiques. Mais, ça ne l’a pas fait du tout, car ces Galiciens étaient en fait eux-mêmes vu comme des sous-hommes slaves par Hitler qui s’est rapidement retourné vers eux… Comme quoi…

Secteur Droit – 27/04, 11h41 :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Sasha : 27/04 15h56 :

Eugenia Evgenia Krayzman

Parfois c’est plus simple, elle re-twitte elle aussi directement Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Bien entendu, la plupart des posts sont plus… personnels :

Eugenia Evgenia Krayzman

Les posts qu’elle a laissés sur son mur :

Eugenia Evgenia Krayzman

No comment :

Eugenia Evgenia Krayzman

Sasha a par ailleurs 27 amis ! Dont ceux-ci :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et puis Sasha a pris soin de bien préciser ses goûts :

Eugenia Evgenia Krayzman

Elle est donc une “fanatique” (foot ou politique – à vous de voir…), et aime bien les livres sur le nazisme…

Bon, c’est bien de se renseigner, mais enfin de là à rejoindre le mini-groupe dédié, de 88 personnes… (on peut atteindre ce fabuleux groupe en cliquant sur le mot dans la fiche de Sasha про национал-социализм)

Surtout que - comment dire ? -, je suis peut-être mauvaise langue, mais on ne dirait pas franchement des historiens préparant des thèses sur ce sujet… Non ?

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

En ouvrant un de ces profils par hasard, on tombe sur ça par exemple – la classe…

Eugenia Evgenia Krayzman

Enfin, bon… Fin du tour d’horizon…

On a donc un membre du groupe Secteur Droit, qui se retrouve à Odessa avec des gens de Secteur Droit, qui reprend les pires thèses complotistes de Secteur Droit, qui se dit banderiste – héros de Secteur Droit, qui veut foutre les russophones dehors, qui ne semble nullement peinée par la mort de 50 personnes dans le bâtiment devant lequel elle paradait et tire gloire de mettre ça en photo d’identité de sa page, et dont la copine raffole de littérature nazie, relaie les mêmes billets que Secteur Droit, et traine dans des groupes d’immondes néonazis.

Après comme le dirait Caroline Fourest, cela peut “dérouter une fois sorties de leur contexte ukrainien.” et qu’il faut “passer par toutes ces phases, de méfiance et d’incompréhension. ”

Et c’est peut-être vrai… Mais pour ma part, je ne vais pas passer plus de temps sur cette personne – il y a tant et tant d’humanistes formidables qui ne demandent aucun “décryptage”… Mais bon, peut-être qu’un nouveau livre EVGENIA pourrait éclairer le public – je ne suis pour ma part, je le rappelle, nullement journaliste…

Journalistes dont on attend d’ailleurs qu’ils présentent le plus objectivement possible les faits, pour que les lecteurs se fassent leur propre opinion – et non pas qu’ils fournissent de l’information déjà digérée…

P.S. À la fin de sa fiche, Eugenia indique :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et je prouverai au MONDE qu’une femme est capable de tout!!!!!!”

À ce stade, on peut certainement considérer que c’est en effet prouvé…

Épilogue

On lit sur Femen France :

Eugenia Evgenia Krayzman

 ”Halte à l’épidémie fasciste en Europe”

Et je réponds, OUI !!!!

Et commençons donc en Ukraine, en refusant de tolérer que le moindre néonazi n’ait sa place dans un gouvernement, car c’est là que certains sont au pouvoir – en ce moment même, avec les conséquences que l’on voit…  C’est autrement plus grave que ce que peuvent penser 3 Femens qui se courent après sous le regard complice des caméras.

P.S. : si après ça, vous vous servez encore de Facebook non pas seulement pour vous informer, mais pour y raconter votre vie (surtout si vous êtes néonazis -enfin, sauf en Ukraine, ou ça semble plutôt à la mode…), je ne peux plus rien pour vous… :)

P.P.S. : billet évidemment réalisé sans le moindre trucage, j’ai toutes les copies d’écran vu que mon petit doigt me dit que ces pages vont vite changer après la sortie de ce billet…

Lescrises

 

 

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