L’anniversaire des attaques du 11-Septembre à New York et Washington pourrait être une bonne occasion d’arrêter Henry Kissinger pour « crimes contre l’humanité ».

 

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Bien que Kissinger soit coupable de beaucoup de crimes de guerre, dont le massacre de millions de Vietnamiens, c’est un 11 septembre qu’il a commis deux de ses plus mémorables atrocités : le meurtre du président chilien Salvador Allende suivi de l’instauration de la junte tortionnaire de Pinochet en 1973, et la démolition explosive du World Trade Center qui a entraîné le massacre de près de 3 000 personnes à New York et à Washington en 2001.

Kissinger est sans conteste le cerveau du premier 11-Septembre. Alors conseillé de la Sécurité nationale du président Nixon en 1973, ainsi que chef du Comité 40, qui supervisait les opérations sous couverture étasuniennes, Kissinger est à l’origine du coup d’État qui a renversé et tué Allende. Cette opération était made in USA et fut financée par les contribuables américains. Les hommes de main de Kissinger ont généreusement « arrosé » des responsables militaires chiliens, dont Pinochet, et les ont engagés pour assassiner Allende ainsi que des milliers d’autres Chiliens honnêtes et désireux de vivre en démocratie.

La complicité de Kissinger dans la torture et le meurtre de milliers de Chiliens, ainsi que dans la destruction de la démocratie au Chili, n’est un secret pour personne. Kissinger a d’ailleurs confessé ses intentions envers le Chili le 20 juin 1970, lorsqu’il a déclaré publiquement :

 

Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester impassibles face à un pays qui devient communiste de par l’irresponsabilité de son propre peuple

 

En réalité, Allende était un démocrate socialiste, pas un communiste. Son grand pêché, aux yeux de Kissinger, était de vouloir que le Chili contrôle sa propre économie et ses propres ressources.

Au cours des deux dernières décennies, beaucoup de responsables judiciaires provenant de divers pays ont tenté de traîner Kissinger en justice pour le premier 11 septembre. En 1998, le larbin de Kissinger, le général Pinochet, a été arrêté, et a ensuite passé le reste de ses jours sous de vrais-faux arrêts domiciliaires, aux prises avec des procès pour « crimes contre l’humanité », avant de décéder en 2006.

Les procureurs du Chili, de l’Argentine, de l’Espagne et de la France ont assigné Kissinger à comparaître. Le juge chilien Juan Guzman a soumis 30 questions à l’attention de Kissinger concernant ses liens avec Pinochet, mais Kissinger a refusé d’y répondre. Kissinger a même du s’échapper de France pour éviter une arrestation.

Bien qu’à plusieurs reprises il ait été recherché dans de nombreux pays, Kissinger est inexplicablement toujours en liberté… et planifie d’autres crimes. Depuis le coup du 11 septembre 2001, Kissinger a défendu avec ferveur le plan néoconservateur consistant à détruire « 7 pays en 5 ans », comme l’a révélé le général Wesley Clark.

Bien qu’ils aient envahi l’Irak et l’Afghanistan en premier lieu, et qu’ils aient déstabilisé la Somalie, le Soudan, la Libye et la Syrie – ce qui a pris davantage de temps que les 5 ans prévus – l’objectif le plus important des néoconservateurs après le 11-Septembre a toujours été l’Iran. Au cours de la dernière décennie, Kissinger a passé son temps à débattre avec son camarade momifié et ancien conseillé à la Sécurité nationale, Zbigniew Brzeziński, afin de savoir s’il fallait ou non que les États-Unis attaquent l’Iran pour le compte d’Israël. Alors que Brzeziński milite contre une intervention militaire en Iran, Kissinger et sa clique de néoconservateurs amoureux d’Israël appellent à la guerre contre Téhéran.

L’extrémisme anti-iranien de Kissinger a encore été démontré samedi dernier lorsqu’il a confié, lors d’une intervention sur National Public Radio, que l’Iran est une menace bien pire que l’État Islamique. Ce qu’il n’a pas dit lors de cette intervention, c’est que cette « menace » concerne Israël, et non les États-Unis.

La relation étroite qui s’est formée entre Kissinger et les néo-conservateurs pro-israéliens et anti-iraniens depuis le 11 septembre 2001 a surpris pas mal d’observateurs, qui voyaient en lui un réaliste plutôt qu’un idéaliste.

Pourquoi Kissinger est-il devenu néo-conservateur ? Certains prétendent qu’en devenant vieux et sénile, il redécouvre ses racines tribales et revit une deuxième enfance sioniste. Des éléments qui soutiennent cette théorie incluent sa déclaration acerbe dans le New York Post : « Dans 10 ans, il n’y aura plus d’Israël ». De toute évidence, Kissinger est tombé dans une sorte d’angoisse sioniste existentielle que l’on retrouve dans les racines d’un radicalisme de néo-conservateurs tels que Paul Wolfowitz, Richard Perle, Scooter Libby, Douglas Feith, Dov Zakheim et bien d’autres de cet acabit.

Mais il pourrait y avoir une autre raison au fait que Kissinger ait succombé à ce que Gilad Atzmon appelle le « syndrome de stress pré-traumatique ». Cette raison, c’est la complicité de Kissinger dans le coup d’état néo-conservateur  du 11 septembre 2001. En participant à la planification des opérations de guerre psychologique que furent les attaques du 11-Septembre, Kissinger semble avoir scellé à l’encre indélébile son destin à celui des criminels néo-conservateurs de septembre.

Comment savons-nous que Kissinger était impliqué dans l’opération 9/11-Anthrax ? Parce que le président Bush, sous les ordres de Dick Cheney et de la cabale des responsables du 11-Septembre, a désigné Kissinger comme chef de laCommission de dissimulation des éléments troublants du 11-Septembre. Seule une personne connaissant de près ce qui devait être caché, et possédant toutes les informations sur l’histoire incroyable des « 19 pirates de l’air dirigés par un homme mourant depuis une cave », pouvait être digne de confiance pour diriger cette commission.

Puisque Kissinger était un célèbre criminel de guerre, un assassin de masse, et un conspirateur machiavélique qui a orchestré au moins un coup d’État du 11 septembre, des membres des familles des victimes ont contesté sa nomination en tant que directeur de la Commission de dissimulation du 11-Septembre. Du fait des contestations publiques, Bush a été contraint de démettre Kissinger et de le remplacer par un autre planificateur probable de l’opération 9/11-Anthrax : Philip Zelikow.

Contrairement à Kissinger, Zelikow est un criminel relativement inconnu au bataillon. Architecte de la Doctrine Bush consistant à déguiser la guerre d’agression suprême en l’affublant de l’adjectif « préventive »Zelikow se décrit comme un expert en « création et maintien de mythes publics ». Zelikow, probablement l’un des créateurs du mythe du 11-Septembre, a rédigé le rapport de la Commission du 11-Septembre chapitre par chapitre en mars 2003, avant même que la commission ne se soit réunie. Cette première ébauche, qui était virtuellement identique au rapport définitif, a probablement été basée sur un script hollywoodien pour les événements de l’anthrax du 11-Septembre écrits par Zeliikow, Kissinger et d’autres, afin de servir de fil rouge pour les agents sous couverture qui ont perpétré les attaques du 11-Septembre.

Pendant et juste après les opérations sous faux drapeau concernant l’anthrax du 11-Septembre, Kissinger a fait partie du Defense Policy Board [Comité de conseillers à la Défense, ndlr] dirigé par un suspect-clé du 11-Septembre, Richard Perle, alias Prince of Darkness [Prince de l'Ombre, en français] un membre éminent de la PNAC (Project for a New American Century) qui demandait, en 2000, un « Nouveau Pearl Harbor », et qui a eu exactement ce qu’il voulait un an plus tard. En tant que haut conseiller de Perle, Kissinger allait être l’un des architectes les plus importants de l’opération 9/11-Anthrax et de son enfumage ultérieur.

Tout comme Perle, qui se targue d’avoir pour surnom « le Prince de l’Ombre », surnom satanique s’il en est, Kissinger se délecte dans la criminalité et le Mal : « Ce qui est illégal, nous le faisons sans plus attendre. Ce qui est anticonstitutionnel, c’est un peu plus long ».

L’opération 9/11-Anthrax n’était pas seulement anticonstitutionnelle ; elle comportait la destruction de la Constitution dans un « incendie du Reichstag » américain. Il a fallu des années à Kissinger et à ses alliés israéliens et néo-conservateurs pour planifier ces attentas, et ils ont passé les 13 dernières années à couvrir leurs traces en adoptant la tactique de « fuite en avant » dans un tourbillon de guerres toujours plus grand.

Si les guerres du 11-Septembre connaissent un jour une fin, et que l’état d’urgence post-2001 est levé, les « criminels de septembre » pourraient être jugés. Il n’est pas surprenant que Kissinger et ses potes néo-conservateurs demandent une guerre contre l’Iran et contre la Russie, chacune d’entre elles pouvant facilement mener à une Troisième Guerre mondiale.

Pour sauver la planète, nous devons arrêter Henry Kissinger pour ses crimes du 11-Septembre. Ceux de 2001 et ceux de 1973.

Traduit d’après l’article du Dr. Kevin Barrett paru sur Press TV par Fabio Coelho pour Croah.fr