« Marc Veyrat est accusé d’avoir détruit 7000 m2 de forêt et asséché une zone humide de près d’un hectare dans une zone naturelle protégée située près de son restaurant… »

 

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Il y a deux jours, lundi, 150 chefs d’Etat se sont rassemblés au Bourget, à Paris, pour la COP21, la conférence mondiale sur le climat. À midi, ils ont pu déguster un menu composé d’une soupe de navet, d’un suprême de volaille, d’un risotto aux herbes fraîches et enfin d’un gâteau Paris-Brest pour le dessert. « Un déjeuner qui fait écho à l’excellence environnementale et à l’excellence gastronomique française (…) mais sans ostentation » a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Les plats ont été cuisinés par cinq grands chefs français. Bénévolement. Un geste sympathique pour la planète et l’environnement. Peut-être un geste en forme d’expiation pour l’un des cinq chefs, Marc Veyrat. Une personne a en effet eu le regard attiré par ce nom qu’il avait déjà lu quelques jours auparavant dans l’actualité. Il nous a prévenu via la page Alertez-nous avec ce commentaire: « On croit rêver ». Et il n’exagère pas. Trois jours à peine avant qu’il prépare le menu des chefs d’Etat du sommet pour le climat, le chef Marc Veyrat était au tribunal. Le vice-procureur de la République a requis à son encontre 4 à 6 mois de prison avec sursis pour plusieurs infractions à… l’environnement. Marc Veyrat est accusé d’avoir détruit 7000 m2 de forêt et asséché une zone humide de près d’un hectare dans une zone naturelle protégée située près de son restaurant et sa propriété en Haute-Savoie dans les Alpes. Certains de ses travaux ont même été accomplis sans autorisation ni permis de construire.

« Je suis désolé de tout ce qui arrive. Je ne suis pas au-dessus des lois. Chacun peut se tromper, même moi », a souligné à la barre Marc Veyrat, reconnaissant « des erreurs fondamentales » et assurant de sa « bonne foi ». « Dans cette opération, j’ai tout mélangé. C’est le coeur qui a parlé. Il y avait des conditions à respecter et j’ai été trop vite. Je ne savais pas qu’il fallait un permis de construire pour ces constructions rudimentaires », a-t-il ajouté, se disant « affecté ».

Rappelant son « attachement » à cette région, le Haut-Savoyard a assuré avoir « pris toutes les précautions d’usage pour ne pas porter atteinte à l’envionnement » et n’avoir jamais eu connaissance de la présence d’une zone humide.

Selon la Direction départementale des territoires et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques, qui fait état de 12.000 m2 de zones humides impactées, « le seuil de dégradation de certaines parcelles » est tel que « les sols sont devenus stériles ». Si elle dit « soutenir intellectuellement la démarche de M. Veyrat », la commune de Manigod, partie civile, a rappelé qu’elle « ne cautionnera pas un projet qui porte atteinte à l’environnement » et réclamé la remise en état du site.

« M. Veyrat a une conception étrange et personnelle du respect de l’environnement. Il s’affranchit de toutes les règles de l’urbanisme », a argumenté Martine Imberton, pointant la « discordance » entre le discours du chef -dont une Fondation à son nom promeut « la préservation et le respect de la terre »- et la réalité.

« Ce dossier se dégonfle fortement au regard des éléments juridiques », a estimé Me Nicolas Ballaloud, son avocat, qui a réclamé la relaxe. « La réalité est loin de ce qu’on a présenté dans ce dossier. M. Veyrat a par exemple replanté 1.210 arbres, pour seulement 40 coupés. »

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