Elle avait déjà annoncé cette semaine son intention de porter plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner. La famille d'Adama Traoré, mort lors de son interpellation le 19 juillet à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), a également décidé de porter plainte à l'encontre d'une gendarme pour faux en écritures publiques aggravés, dénonciation calomnieuse et modification de scène de crime, a appris France 3 auprès de son avocat, Me Yassine Bouzrou, samedi 6 août.

 

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Dans la plainte transmise vendredi au procureur de la République de Pontoise, et que France 3 a pu consulter, l'avocat de la famille Traoré accuse une gendarme de l'Isle-Adam (Val-d'Oise) d'avoir reporté de fausses informations dans un procès-verbal rédigé au soir de la mort d'Adama Traoré, et censé relater le déroulement de l'interpellation durant laquelle le jeune homme a trouvé la mort.

Les affirmations de ce procès-verbal, selon lesquelles Adama Traoré aurait commis des violences à l'égard d'un gendarme, sont contredites par tous les éléments de la procédure, et notamment les déclarations dudit gendarme.

Me Yassine Bouzrou, avocat de la famille Traoré

Or, cette gendarme qui a rédigé le procès verbal "avait nécessairement conscience de la fausseté des mentions qu’elle inscrivait sur le procès verbal, puisqu’elle avait conversé avec ses collègues avant de le rédiger". "Il est donc permis de penser qu’elle l’a rédigé dans le dessein de protéger ses collègues et de nuire à la manifestation de la vérité dans le cadre de l’enquête relative aux causes de la mort de Monsieur Adama Traoré", estime Me Bouzrou.

"De nombreux actes d'enquête" sans instruction

L'avocat de la famille d'Adama Traoré affirme également que cette gendarme aurait procédé "à de nombreux actes d'enquête" — notamment en mettant sous scellés différents éléments — sans qu'"aucune instruction ne lui avait été donnée" en ce sens par le parquet de Pontoise.

Le site Mediapart (article payant) avait déjà révélé vendredi que cette gendarme avait "décidé de ne pas attendre les consignes" du magistrat de permanence, et "pris l'initiative d'isoler les militaires du Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig) ayant participé" à l'interpellation d'Adama Traoré. Mediapart précisait que cette gendarme avait également "procédé, sans être manifestement habilitée à le faire, à une saisie d'une pièce importante pour l'enquête, à savoir le polo porté par l'un des gendarmes, 'maculé de traces rougeâtres s'apparentant à du sang'"

La famille d'Adama Traoré avait déjà annoncé jeudi qu'elle allait porter plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner. Selon les rapports d'autopsie cités par l'avocat de la famille, l'homme de 24 ans, décédé le 19 juillet à Beaumont-sur-Oise lors de son interpellation par des gendarmes, a manqué d'oxygène, sans que l'on sache pourquoi à ce stade. Dans une enquêtefrancetv info expliquait que les trois gendarmes qui ont interpellé Adama Traoré ont fait pression avec leur corps pour le maîtriser.

Francetv