L’affaire Poisson prend une tournure intéressante. Le député répond aujourd’hui au CRIF par une lettre, dont les médias ont voulu infléchir quelque peu le sens en mettant en avant ses« regrets ». Si Poisson regrette en effet que ses propos aient pu blesser, il ne retire rien de leur contenu.

 

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Suite à la phrase du député Poisson sur l’influence israélienne aux États-Unis et en particulier sur la candidate Clinton, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), sans doute pour confirmer qu’il existe bien un lobby sioniste en France, a décidé de faire pression sur la Haute autorité de la primaire à droite pour que le candidat soit désavoué par son propre camp via une «  sanction exemplaire ». Poisson a répondu aujourd’hui au CRIF par une lettre dans laquelle, s’il prend les précautions d’usage à l’égard de la communauté juive en France, il ne retire rien de sa phrase sur le lobby sioniste aux États-Unis.

Pire : il invite Francis Kalifat, le Président, à aller vérifier sur Internet la véracité de ses propos ! Une proposition de débat de fond que le député des Yvelines adresse aussi, sur son site, à ses camarades de la « droite » :

« Sur ces sujets complexes, je tâche d’aller au fond des sujets. Je ne reste pas au niveau de la superficialité et de l’émotion mal placée comme semblent le faire mes concurrents. J’attends de leur part non pas des condamnations morales, mais des objections. »

 

La lettre de Jean-Frédéric Poisson au président du CRIF :

 

Monsieur le Président,

Comme suite à notre conversation d’hier et conformément à mon engagement, je viens vous apporter ci-dessous les précisions et rectifications que vous avez vous-même souhaitées concernant les propos qui m’ont été prêtés dans les colonnes de Nice Matin.

Premièrement, je regrette que mes propos aient pu vous blesser ou causer des craintes ou des doutes dans votre esprit. J’ai manifesté en bien des occasions mon soutien indéfectible aux juifs de France. Je condamne avec la dernière énergie toute forme d’antisémitisme. Je ne partage aucune des thèses conspirationnistes. C’est très clair.

Deuxièmement, j’ai voulu dire que Madame Clinton, compte tenu des influences qui s’exercent sur elles, ne conduira pas la politique équilibrée dont notre continent et notre pays ont besoin. Et dont le Proche Orient a tout autant besoin. Le soutien des géants de la finance américaine à Madame Clinton n’est pas une nouveauté. L’existence de groupes de pression sionistes à Washington non plus : il y a profusion d’informations disponibles sur cette question, des plus tendancieuses (comme par exemple celles qui sont publiées par les musulmans radicaux) aux plus factuelles. L’AIPAC elle-même dit partout le poids de son influence sur l’échiquier politique des Etats-Unis. Je me permets de vous renvoyer sur ce point à son propre site internet.

C’est donc sans aucune mauvaise intention à l’égard de quiconque - et certainement pas à l’égard des juifs eux-mêmes que j’ai tenu ces propos.

Je regrette que vous ayez finalement renoncé à respecter le délai que vous souhaitiez laisser courir avant une réaction publique de votre part. Je souhaite que les explications que je vous fournis ici pourront lever le malentendu qui nous oppose aujourd’hui.

Je suis prêt à poursuivre le dialogue autant que nécessaire sur ce sujet comme sur d’autres, et vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma considération distinguée.

Jean-Frédéric Poisson
  • Source : E&R